__notes du 01 07 18

 

[idées reçues] ce « recopiage », est un travail de déplacement, à la fois sur la parole (retranscrite, elle perd les paramètres qui la caractérise, la source, le ton de la voix, et gagne peut-être en clarté, ou c’est comme si on lui avait enlevé des vêtements) mais aussi un déplacement de soi : quand je m’attends à telle ou telle production de texte – avant de me mettre à noter, et en jugeant d’après ce que je sais de la source sans la connaître réellement – je me retrouve surprise – le matériel humain est compliqué – il y a de l’imprévu et des idées reçues à reconsidérer – c’est double : d’un côté la clarté des messages apparaît de façon plus violente, et de l’autre se voient des failles, des nœuds, ce qu’on attendait pas, mais à chaque fois dans les deux cas, il s’agit de révélations
[difficultés] c’est parfois extrêmement difficile avec certaines sources (pour le dire sincèrement, cet exercice avec une émission des Grosse Têtes est une quasi douleur physique – pas tant que c’est vulgaire, humour tellement bas de gamme que pas très sûre que le mot « humour » soit adapté – surtout que sous cette crasse qui se veut légère (ça mange pas de pain dirait l’autre), c’est marteaux et clous qui enfoncent des idées formatées, prédigérées, sans conscience d’agir, alors que ça lamine profond, autant qu’une pub cocacola) – et difficile aussi de réaliser (admettre, entériner) que cette vulgarité très visible une fois mise à plat est aussi conservatrice qu’un costume cravate des plus soignés