__notes du 30 07 18

 

[comprendre] très interpellée par le texte qui paraît ce jour, transcription de la chaîne de tv voyance : si j’avais voulu faire un pastiche sans jamais avoir regardé cette chaîne, j’aurais sans doute écrit ce qui en ressort, au mot près (« je suis seule – vais-je rencontrer quelqu’un  ? – oui mais pas tout de suite – vous pouvez me donner plus de détails ? – ah désolé, nous n’avons plus le temps »), comme si le cliché prenait la place du réel, sauf que c’est bien réel, et que derrière le cliché c’est de la vraie peine et des vraies larmes – à moins que ces peines et ces larmes soient fabriquées de toutes pièces, générées et encouragées par les clichés (sexistes aussi : « sortez, allez chez le coiffeur et vous verrez que vous ne serez plus seule »), seule façon d’organiser le monde, mentalement, concrètement – c’est comme visiter une usine de tupperwares, toutes les boîtes et tous les formats sont disponibles et nous sommes dedans
[la masse]  réaliser aussi que c’est la masse des textes qui fera sens, peut-être sens (ça n’est pas certain) – réaliser que ma façon de noter déforme beaucoup et que je dois m’astreindre à plus de précisions non émotionnelle – réaliser en même temps que la parole est émotionnelle, toujours, même si ce sont les cours de la bourse (et peut-être encore plus, le vocabulaire de l’émotion dans le discours économique, c’est quelque chose) – réaliser que je ne saisis que la surface des choses, un peu comme un peintre s’échine à reproduire les différentes teintes de la mer sans rien savoir de ce qui se trouve dessous – c’est la masse de textes qui donnera peut-être des réponses, couplée au sérieux accordé à l’exercice, couplé à la recherche de cibles diversifiées (naturellement je me tourne davantage vers les chaînes et les radio d’infos, peut-être contrer cette facilité-là)