écoute

[15 00] pour tous les touristes de

pour tous les touristes de passage c’est le lieu de la fête de la bourgeoisie moyenne – la jeunesse flirte sur les escaliers et la musique est lamentable – nous savourons notre thé et trouvons très réconfortant de somnoler encore une heure dans nos lits commodes – mais une angoisse semble parcourir son visage – à nouveau la guerre approche – sous les mêmes lumières électriques les nazis célèbrent l’anniversaire d’adolf hitler – sur la route qui va et qui – devine le chemin qui va qui va et qui n’en finit pas – c’est le chemin dérisoire et pathétique qui accueille les survivants – j’ai connu de beaux jours en dehors du centre – il y a des femmes coagulées en masse compacte – on leur interdit l’entrée et tout le reste comme par exemple voir comment ça se passe – les femmes hurlent – elles claquent des mains – elles crient des noms – tous ces noms et ils ne sont jamais le tien – envie de ne plus demander de nouvelles – je vais demander à quelle heure arrive le convoi – sous la voûte de la gare les pas perdus sont désormais ceux des plus pauvres – une femme vient de mourir gelée – il faut que des pancartes s’accrochent en pleine lumière dans la nuit – qui que tu sois reprends espoir – la gare accueille et remet dans le mouvement de la vie tout ceux que la misère isole – la fabuleuse machine à voyager n’est que l’ombre d’elle même – elle est en sursis – en attente du verdict qui peut-être lui sera fatal – un vaisseau de béton déjà esquissé mais elle s’accroche – sous le chapiteau de fortune c’est par la magie du théâtre qu’elle entre en résistance – nous le fabriquions entièrement – nous étions chez nous et nous fabriquions notre théâtre – chaque représentation est un voyage – tous les soirs on appareille – un an plus ou tard le bâtiment est sauvé – cela peut prendre racine dans cette architecture de fer et de pierres – une odeur humide tout à fait étrange – on ne changeait pas la nature des bâtiments – un prolongement presque naturel – il n’y avait pas de décor pour l’intérieur – l’origine c’est un dîner à venise et le choix d’une personne inconnue